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Entreprise OZO, pour une économie circulaire et vertueuse

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Installée dans les Bouches-du-Rhône, Ozo développe depuis 2010 des kits d’électrification pour vélos et propose de la fabrication et du reconditionnement de batterie avec un objectif : offrir une économie plus vertueuse dans l’univers du vélo. Rencontre avec Jean-Pascal Plumier, fondateur de la société Ozo.

L’utilisation du vélo à assistance électrique se développe dans les sociétés moderne pour le plus grand bonheur de celles et ceux qui entendent lutter contre les émissions de CO2 responsables du changement climatique. Pourtant, des voix se font entendre en dénonçant l’utilisation très importante de métaux rares comme le manganèse ou le lithium dont l’extraction a un lourd impact environnemental et sociétal.

Des kits pour sortir les vieux vélos des garages

C’est le cas de Jean-Pascal Plumier, fondateur de la société Ozo. Si l’essor du vélo électrique constitue à ses yeux une excellente alternative à la voiture, il regrette que trop peu d’entreprises du secteur intègrent l’économie circulaire et l’éco-conception dans leur stratégie de développement. Ce n’est pas un hasard si, avec Ozo, il a choisi de concevoir, dès 2010, des kits d’électrification pour les vélos existants. « Chez Ozo, cette solution nous est toujours apparue comme efficace et vertueuse. En effet, l’électrification d’un vélo présente un bilan carbone trois fois plus faible que celui de la fabrication d’un VAE clé en main. » Certains répondront que les kits ne sont pas aussi bien intégrés que la partie électrique sur les VAE natifs et c’est vrai. Mais que la batterie soit intégrée dans le cadre ou posée sur le cadre, finalement « les deux systèmes répondent au même besoin, pour Jean-Pascal Plumier, se déplacer plus facilement à vélo. » Cette démarche évite de voir de vieux vélos rouiller dans une cave ou sur un trottoir, provoquant là encore une pollution visuelle ou écologique.

Des convictions environnementales fortes

« Il est grand temps que les entreprises
mettent en place des stratégies d’éco-conception dans leur développement en s’interrogeant sur les matériaux à utiliser, la localisation de leur production, l’empreinte carbone générée par le transport… sans oublier la réparabilité de leurs produits ! »

Pour les kits d’électrification ou la fabrication de batteries, « nous fabriquons le plus possible en interne pour réduire notre empreinte carbone et mieux maîtriser la chaîne de production. » Cette démarche leur a valu d’être labellisés par la fondation Solar Impulse parmi les 1 000 entreprises les plus vertueuses du 21e siècle…

Reconditionner pour prolonger la durée de vie de la batterie

C’est encore pour limiter l’impact écologique du VAE que l’entreprise Ozo a développé, à partir de 2012, une activité de reconditionnement des batteries. Pour favoriser la réparation des batteries plutôt que leur mise au rebut dès lors que leur fonctionnement tend à décliner, les responsables de la société Ozo ont tenu à rendre le processus facile et accessible au plus grand nombre, du particulier au détaillant en passant par les grands comptes. « Si vous êtes un particulier, il suffit de déposer votre batterie chez un de nos partenaires. Nous en avons une centaine dans toute la France », expose le fondateur de la société Ozo. « Le partenaire demande alors une prise en charge, poursuit Jean-Pascal Plumier, et le transporteur passe récupérer la batterie directement au magasin dès le lendemain. » Bien sûr, cette démarche de reconditionnement ne se fait pas du jour au lendemain. Le délai moyen d’intervention sur les batteries est de 10 jours. C’est long , mais sur le plan écologique, c’est nettement plus responsable que d’en racheter une neuve !

70% de reconditionnement effectifs

Et Jean-Pascal Plumier de préciser : « notre taux de réparation et de reconditionnement est de 70%. Autant dire que nous pouvons dans la plupart des cas prolonger de manière intéressante la durée de vie de la batterie. » On ajoutera à cela que le prix du reconditionnement est bien moins onéreux que celui
d’une batterie neuve !

Des batteries soudées pour empêcher le reconditionnement…

Si l’activité de reconditionnement se porte bien et représente 15% du chiffre d’affaires, Jean-Pascal Plumier regrette le comportement des principaux fabricants comme Bosch, Shimano, Giant ou Yamaha qui, en introduisant dans la conception de leurs batteries des systèmes électroniques qui la mettent en sécurité dès l’ouverture, empêchent toute possibilité de reconditionnement. « D’autres batteries ne peuvent tout simplement pas être ouvertes, le carénage ayant été soudé à chaud ou collé pour en bloquer l’ouverture » ajoute le dirigeant de la société. Pour lui, « ces procédés sont totalement absurdes et j’espère qu’ils seront interdits dans les prochaines années, car la survie de notre planète passe aussi par la réparabilité des produits que nous utilisons afin de limiter les déchets. »

Des projets de grande ampleur

« Dans le cadre de la réindustrialisation de la France, nous allons développer un site de production de batteries lithium éco-conçues avec une cadence de production de 300 batteries par jour. Le site, qui devrait être opérationnel dès 2024, servira aussi à la formation de techniciens et d’ingénieurs en conception et réparation de batteries… formations inexistantes à l’heure actuelle alors que plusieurs millions de batteries lithium sont vendues chaque année dans notre pays. Ces métiers sont indispensables aujourd’hui et le seront encore plus demain. Il s’agit de métiers qualifiés, ce qui correspond parfaitement à la stratégie de développement économique de notre pays. » Ce centre de formation permettra également d’élaborer des procédés efficaces pour le diagnostic et la maintenance des batteries et des VAE, « nos clients grand compte se plaignant régulièrement du temps perdu en atelier sur les phases de diagnostic par manque de connaissance.« 

Ozo propose de monter des kits, ici le Touring,
pour électrifier son vélo, mais prévoit aussi la formation de techniciens qualifiés

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